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AMICALE de LYON - l’Histoire de « la Bière Noire de Lyon » - Photos

Tout commence en 1724. Christophe Bechtel naît en Prusse d’un père brasseur.

Vers 1750, il décide de quitter son pays pour essayer de faire fortune en France. Il s’installe à Cuire face à l’Ile Barbe (aujourd’hui Quai Clémenceau).
Il acquiert rapidement un local dans le quartier St Paul, Rue Augros où il crée une « bierstube » taverne de débit.

La bière est fabriquée à Cuire et vendue à Saint Paul.

Comme promis, il fait fortune. En 1780 il demande à son neveu, Jean Georges Schrimpf de le rejoindre. Quelques années plus tard, il convie deux autres de ses neveux à venir en France. Ils les installent 77 Port Neuville dans un local directement creusé dans la roche (la bière reste fraîche)

En 1794 , en pleine Terreur, Christophe Bechtel est arrêté. Un jaloux, envieux le dénonce. On ignore le motif exact de son arrestation. De sa prison il écrit :
« Christophe Betchel, brasseur de bière, rue Peyrollerie N° 6 âgé de 70 ans, allemand d’origine mais français de cœur « 

Sans aucune forme de procès, il est condamné à mort et guillotiné.
Les frère Doerr exploitèrent la brasserie de Port Neuville. La femme de Jean, Marie Salomé Koch, devenue veuve en 1811, reprendra la brasserie de son père dans le quartier des Terreaux.

En 1850, la réputation des brasseries lyonnaises était telle, qu’elles concurrençaient celles de Strasbourg. Lyon était alors à la pointe de l’industrialisation de la brasserie.

Dès 1810, la salle Gayet , cours d’Herbouville pouvait recevoir 700 personnes. On y brassait la Porter Noire. On peut citer en autres brasseries :

  • La brasserie Georges
  • L’Alhambra
  • Joseph Groskopf à Perrache
  • La brasserie du Parc des Brotteaux
  • La brasserie Dupuis à la Croix Rousse
  • La brasserie Thomassin
  • Lyon tenait sa notoriété grâce à la Porter ou « bière noire de Lyon »
  • En fait, la bière de Lyon était fabriquée avec plus de tout :

- Plus de malt (un malt ambré à l’odeur de pain)
- Plus de houblons (le houblon lyonnais viendra d’Alsace et de Bourgogne mais aussi d’Allemagne et Bohême)

- Dans la fermentation, on se servait de plus de levures
La bière ordinaire ou bière de débit subissait une fermentation de 4 à 5 semaines (contre 5 à 6 jours dans le Nord de la France). La garde en tonneau se prolongeait ensuite 4 à 5 mois
.

Les brasseries lyonnaises rivalisaient par les dimensions et le luxe de leur décoration.

Le Musée Guimet est une ancienne Brasserie
.
Malheureusement la guerre 14/18 mit un terme à ces heures de gloire. Les brasseries furent transformées en hôpitaux. Les hommes étaient partis au combat, l’automobile, l’électricité, le cinéma modifièrent l’art de vivre lyonnais.

De cet âge d’or ne subsiste à Lyon que la Brasserie Georges, crée en 1836, lieu toujours emblématique de la vie lyonnaise, même si la famille Rinck, présente sur 5 générations, n’en tient plus les rênes. Mais l’histoire est repartie de plus belle.
« La Georges » coule à nouveau des pompes de la Brasserie, en Blonde, Pils, saison et Brune et depuis 1997 le « Ninkasi » s’est imposé à Gerland sur plus de 1000 m2 , alliant bière, restauration et concert, parfait trait d’union avec les grandes salles de débit de la fin du 19e.

* source la ficelle n° 63 (adapté)

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